Comme Narcisse

Sur le thème du désir

vendredi 24 avril 2020 , par Marx Teirriet

NoMade N°1

Comme Narcisse, se pencher au-dessus des iris et se mirer dans les étoiles. N’y voir que les lignes de l’eau, ni le reflet des nues. Car de l’haut tu es le ciel, car dans eau je suis liquide : celui qui moire – mon beau miroir – au bel attrait.

Plus près, avance encore un peu !

Dans le doute comme dans les airs : l’ombre de ton rire telles les prémisses à l’onde dorée de tes yeux. Je plonge en l’espérance humide d’où transpire le plaisir ; remontant les sentes capricantes de nos jeux érotiques, je fouille, tu sondes, les mains sœurs solides. Survient la moite profondeur des pudeurs défaites. Enfin. M’effondrer me fondre en toi jusqu’à disparaître, n’avoir plus pour toute limite que ta peau. Et t’attendre.

Mon cœur dès lors sait
Comment se porte ta furieuse envie

l’irrépressible appétit de posséder crue, toujours aussi vif, la forme de cette potentialité fragile propre à la jeunesse, lorsqu’elle s’ignore, se laisse insouciamment filer. Goûtant ton parfum, je bois le calice jusqu’aux lèvres de tes baisers, jusqu’aux confins des orbes libertés dans lesquelles je tombe... semblable au temps lequel, paré de chutes (chut !), ride et aurore et crépuscule. Qu’est-ce qui m’échappe de toi à ce moment ?

Ce qui nous manque est à venir
Les musardises au vermeil de tes soupirs
l’effleurement des beaux quartiers
Ô belle Ô lune ! Belle lune décrochée.

Quoique le bonheur soit une image, ait le frimas d’un songe pour unique horizon, je débordai de l’illusion où s’abîme l’in-fini, renaissant hors mes langues ; illusion si tôt morte, sitôt renaît, dans laquelle reste en corps l’empreinte coralline de nos détours aux forges vives du secret.

Mon coeur désormais sait
De quel voyage est fait l’amour

Comme Narcisse
Une poésie de Delisle Tiboulen
lue par Corinne et Christophe Gicquel

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