La matière du silence
La conscience que nous possédons de notre ignorance des "choses" est proportionnelle à l’étendue de nos connaissances. Qu’il était bon le temps où (…)
mercredi 24 avril 2024 , par
je rêvais que cette blessure brulât en moi
jusqu’après la fin
que l’absence ne tarît jamais sa source
sous la bruyère nostalgique
des aurores
dont quelque vent du sud souffle encore l’écho
tard dans la nuit,
tôt dans le matin
lorsqu’un bourgeon de lune aveugle les étoiles
et rappelle aux ténèbres une très vieille promesse
le soleil brille aussi la nuit
**
je voulais que se retire
d’en mon être
ce désir d’horizon
qu’en faisant un tour sur moi-mème
grâce au vertige giratoire s’échappât l’attente
puis
que le manque familier, devenu amical,
de tout ce qui ne sera
ni plus ni pas
murmure des heures nouvelles
étanches à l’espérance
et à l’entière salinité
de l’in-fini
**
je brûlais
de m’abîmer dans l’oubli
dès mon vivant
nu de tout mystère
dévorer la passion de l’exil
par tous les orifices du souvenir
et
renoncer à la peur
sans bruit, languir
se retirer des autres
puis songeai
ce qui est perdu avait matière à l’être
**
connaîtrais-je seulement
le début d’un désir
qui ne soit pas envie
quand de la nuit et du jour
rien ne peut-on voir
que ceux et ce qui l’habitent
le regard perpétuellement traqué
par les objets, par les corps,
tout ce qui bouge
, est immobile
la vue sans cesse ferrée
par le tangible
est le coeur trop lâche
pour nouer en génie où la beauté fossile
**
voici une peau.
l’ombre de son habitant rode
loin de sa marche singulière
qu’y suis-je
dans sa mémoire
un peu de moi
sourd de son insatiable impatience
d’éprouver tout l’empan du songe
celle qui ravit nos candides certitudes
sur la même route
in-mesurable
à cheminer le lacet inculte
qu’aucune carte ne recense
**
il est une géographie sans histoires
une vie sans lieu
une conscience cent fois
ressuscitée
sur l’autel aphone
d’une inquiète incompréhension
grégaire
les os s’y aiguisent
les intentions s’y déguisent
d’un lin seul
transparent
semblable à la chute anonyme
d’un essentiel hiver
**
je rêvais d’une mer
que ne saurait ponctuer aucune rive
et d’une Terre si bleue
que, dans son vert canot,
la vie y bercerait tes solitudes
peut-être qu’alors,
ainsi assagie,
seraient désarmées les cohortes
réifiantes
vaincus
les mercenaires de l’ego
et du ressentiment
**
je voulais qu’en ma voix
un territoire se formât
lequel verrait par les chemins de sa langue
muettement
cheminer, sans nation ni patrie,
un monde immense
de monstres et de prodiges
enfin guéri de sa naissance
de son inconsolable faim
de sens
et de raison
**
l’huis clos,
partout je déposai l’aveu
où le pendule du mensonge et de la vérité
se figure sans gravité
La conscience que nous possédons de notre ignorance des "choses" est proportionnelle à l’étendue de nos connaissances. Qu’il était bon le temps où (…)
Goutte à goutte. Un taon passe. De gauche à droite, le silence n’existe pas. De haut en bas, le silence n’existe plus. Partout, des (…)
Je veux bien mourir, là, maintenant. Je dois bien pourrir irrémédiablement De silence, Et de bruit. Distraitement, Je meurs éperdument (…)
Étoile légère - où la nuit ne vient jamais, Venez-moi en aide. Sœur, j’ai soif. Chair de la lumière, matière du silence épais, Posez votre (…)