COURAGE #3
Qu’est-ce que le courage en politique Penser que l’éthique de la morale Fait, hic et nunc, plus de bien que de mal Inspire au vent (…)
samedi 24 avril 2021 , par
Le P’tit Canard N°10Paru dans le supplément du P’tit Canard n°10, L’Être du temps mauvais est la réponse, en quatre lettres, du poète au chœur des Hommes qui, dans le sonnet Des images ! Des images !, l’enjoignent à leur porter assistance face au vertige de l’irrépressible besoin de consolation.
I.
Chaque être humain est une source
intarissable
inexorable
d’inconnu
c’est de son nom
qu’il nomme toute image
à sa chose
le recors de l’émotion
au sein des illusions
c’est de son non
qu’il nomme l’autre
qu’il se l’imite
dans la noirceur
d’un alphabet magique
Puis ici
est maintenant
J’il et J’elle reliés
à l’absolu radical du monde
à la certitude du je suis
où qu’importe
d’un je il ou d’une je elle
celui qui est de celle qui fut
tandis le temps-là
naïvement désemparés éperdus ceux qui ont été
—
II.
Nuits de trop de cœur
faut-il toujours un précipice
jeter à l’eau
mon encre en forme de mots
quitter
se libérer de la consolation qui ne peut rien changer
diluer dans l’aube sémiotique
ce qui nous oblige la peur que l’on expire
verticalement depuis l’obscurité de la grotte
nous sommes un corps quelque part
qui a soif de chère
qui a faim d’absence
que nous nous obstinons à s’oublier
à s’occulter
lequel je voudrais plongé
dans un mol infini diaphane de moi
engloutie l’altérité dans la marge ourlée de miroirs plissés
abandonner
ce soi étanche et seul
et qui se retourne
pour voir
et qui espère son expérience
à venir
courre les baisers comme autant de radeaux
Le passé telle une sienne promesse
précaire
incertaine
pour notre mémoire future
moments où nous sommes accros
au vertige de sa fascination
horizons figés de cire à jamais inaccessibles
sans cesse stupéfaits par la parole
trahie
sitôt rangée au catalogue des promis
Mon cœur réclame d’
abreuver le désert à l’océan
éprouver un dire adieu pour un vivre océanique
Y-a-t’il de mots plus juste qu’un silence

—
III.
Comment trouverais-tu
si quelque ligne
une quelconque voie à suivre
ou la vertu du réconfort
être
as-tu captif
de ces barreaux forgés
de mots-boues
de mots-sangs
à l’odeur fétide
des sommations
pas de réponses dans le texte
ni le mien
ni aucun
nulle injonction ne commande
à l’exil
depuis la liberté
où composte le terreau de patrie
où coulent dans nos vaines
angoisses
les armées du doute
que le soldat redoute
le bourreau croyant faire justice
te libère
du paradoxe qui l’enchaîne fidèle aux errements de la vérité
il te délivre du masque du piètre
il répugne à ton genre
son crime
comme l’évidence redoutée
de l’incertitude et de l’insignifiance
tu les connais
à tout prélude du vivre
dans toute image qui peuple tes rêves
dans la mélodie du désir
au sortilège prosodique de ta langue
—
IV.
ne cherche plus la liberté
la liberté, c’est toi
il n’est d’autres saluts que des
Salute ! à jamais
fraternels
—
Ce poème entre en conversation avec le sonnet en vers réguliers Des images ! Des images ! dont il est la deuxième partie. Delisle Tiboulen s’en explique dans un entretien que vous pouvez lire en suivant ce lien : entretien avec Delisle Tiboulen.
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