Résurgences

mercredi 4 février 2026

La violence matérielle, en dépit de ce que prétendent les discours populistes qui cherchent à capitaliser du ressentiment pour en faire un marchepied à leurs désirs d’exercice des pouvoirs, est en constante décroissance dans les pays développés, leur faisant croire qu’ils peuvent venir définitivement à bout de la violence globale. Mais ils se trompent en croyant que la baisse de la première est une promesse de la disparition de la seconde. Parce que de principalement matérielle elle y est seulement devenue majoritairement symbolique sans pour autant disparaître. D’ailleurs cette violence symbolique douce, socialisée, culturalisée, n’est pas moins brutale que l’autre, même si elle laisse moins de traces apparentes, et elle conduit souvent, en réponse à ses excès, à la production en retour d’une violence matérielle qui semble aberrante parce que les ressorts n’en sont pas directement visibles. C’est ce retour, quantitativement minoritaire, de la violence matérielle refoulée par l’emprise généralisée de la violence symbolique qui est dénoncé et culturellement perçu comme sa montée. Alors qu’il ne constitue jamais qu’une des manifestations de la violence globale ataviquement propre à l’espèce, qui conserve dans sa mémoire phylogénétique les traces de son passé tout à la fois de proie et de prédateur, et de l’exposition à et de la mise en œuvre de la violence qu’il implique.

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Par BLOOM

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